Le 09 févr. 2027
De 19h30 à 21h
Cette recherche explore les perspectives de dix intervenant·e·s impliqué·e·s dans le processus de famille d’accueil en vue d’adoption, à partir de données issues d’une étude québécoise menée en 2023.
Depuis 2002, les couples de même sexe au Québec peuvent être reconnus conjointement comme parents, mais les personnes LGBTQ+ continuent de faire face à des obstacles dans leur parcours vers la parentalité, notamment dans un contexte mondial de résurgence des normes conservatrices qui contribue à la remise en question de leur légitimité parentale. Ces tensions peuvent se refléter dans les institutions œuvrant auprès des familles, telles que le système de protection de la jeunesse, entre autres durant le processus de placement ou d'adoption d'un enfant, puisque les décisions en ce sens doivent respecter en tout temps son meilleur intérêt. Les recherches montrent que les intervenant·e·s en protection de l’enfance et en adoption peuvent exprimer des attitudes hétérosexistes ou discriminatoires envers les personnes LGBTQ+ qui souhaitent devenir famille d’accueil en vue d’adoption, aussi appelé famille d'accueil banque-mixte (FABM). Malgré ces enjeux, peu d’études québécoises se sont penchées sur cette question. Cette recherche explore les perspectives de dix intervenant·e·s impliqué·e·s dans le processus de famille d’accueil en vue d’adoption, à partir de données issues d’une étude québécoise menée en 2023. Une analyse thématique est réalisée en mobilisant la théorie de la Street-level bureaucracy et le concept d’hétéro(cis)normativité hégémonique. Les résultats montrent que les professionnel·les de l’étude expriment généralement des attitudes positives et inclusives envers les personnes LGBTQ+. Toutefois, comme leurs décisions doivent prioriser l’intérêt supérieur de l’enfant, plusieurs craignent que le placement d’un enfant auprès d’une famille d’accueil LGBTQ+ puisse comporter certains risques. Ces risques ne sont pas liés à des doutes concernant les capacités parentales des personnes LGBTQ+, mais plutôt à la possibilité que la famille d’origine s’y oppose ou encore au contexte social hétéro(cis)normatif, parfois LGBTQphobe, susceptible d’entraîner de la discrimination ou de l’intimidation envers l’enfant. Certain·es intervenant·es peuvent ainsi refuser l’accréditation ou le placement d’un enfant auprès d’une FABM LGBTQ+. Le processus décisionnel demeure complexe, traversé à la fois par une volonté d’inclusion et par des tensions éthiques liées au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. Des pistes de réflexion et d'intervention pour les intervenant·es seront discutées.
Gratuit pour les membres